samedi 24 août 2013

Vendredi 23 août. Premier câlin avec Aymeric

Nous sommes blottis dans les bras l'un de l'autre, sur le lit d'Isa. Il n'est pas très tard dans la nuit, mais la fatigue de ces derniers jours et les nouvelles d'Aymeric nous ont terrassé.
Toc toc toc... on frappe à la porte alors que nous dormons plus ou moins... il est 22h00
- ... oui ?
- Bonsoir, c'est Blandine...
- ... ?
Je mets un moment à comprendre. C'est Blandine, l'infirmière de nuit de nos bébés qui descend nous remettre le petit bonnet de Victor. Enfin le bonnet, c'est un prétexte, car en fait elle descend nous parler.
Cette discussion restera gravée dans nos mémoires. Blandine, notre bonne fée Blandine.
- Les médecins vous ont expliqué pour Aymeric... surtout, ne pensez pas que vous soyez responsables de cela. Vous n'y êtes pour rien, personne n'y est pour rien. Ça ne vous enlèvera pas la douleur, mais c'est comme au loto, ça tombe sur vous, comme ça... C'est dégueulasse, et personne n'y peut rien...
Par contre, vous pouvez encore construire votre histoire tous les quatre.
Tout le monde doit mourir un jour, c'est la vie. Normalement, c'est plus tard, pour certains, c'est tôt, pour d'autre ça vient très vite. Vous avez la chance d'avoir 2 adorables bébés, alors racontez cette histoire dans le temps qui vous sera donné, racontez une belle histoire à 4...
Du peu que je vous connais, vous êtes des parents formidables, unis, alors profitez de ces moments, profitez de vos bébés. Aymeric restera toujours votre fils, vous aurez fait un bout de chemin avec lui et Victor...

Toutes ces paroles avaient quelque chose de magique. Comme une petite voie intérieure qui nous disait comment prendre les choses, comment vivre ces moments terribles.
En plus, c'est dans la pénombre de la chambre, avec seulement les lumières de la ville que Blandine nous expliquait tout cela... merci Blandine... merci mille fois.

Petit à petit nous nous réveillons. Nous repensons à ce que vient de nous dire Blandine. Malgré la douleur indescriptible, malgré les pleurs, malgré toute la souffrance, ses mots résonnent dans nos têtes : "vous pouvez encore raconter une belle histoire..."

Alors, pour la raconter, nous remontons au 3eme étage, pour profiter de nos 2 petits bouts.
Blandine nous accueille. Il est presque minuit.
Elle installe Victor sur le ventre de son papa, puis Aymeric sur maman...
Moments d'apaisement, moments de détente, de bonheur à quatre.
Je regarde maman avec notre petit Aymeric dans les bras. Elle semble heureuse.

Blandine referme la porte, et nous laisse en famille tous les quatre. Nous oublions cette journée, nous oublions les mauvais moments et savourons ces moments.
Maman chantonne des histoires à Aymeric, moi à Victor. Le bruit des machines ne nous permet pas d'entendre tout ce que nous racontons, mais quel bonheur.

Nous redescendons vers 3h00 du matin. Il n'y a qu'un étage. Cette nuit encore Isa me prêtera ses bras pour m'endormir. Mais avant de descendre, lisez l'article suivant : "samedi 24 aout. premier habits".


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